Micro arqueologia aleatória em contra-espaços heterotópicos

“En revanche, le cimetière, qui est pour nous, dans notre expérience actuelle, l’exemple le plus évident de l’hétérotopie (le cimetière est absolument l’autre lieu), le cimetière n’a pas toujours joué ce rôle dans la civilisation occidentale. Jusqu’au XVIIIe siècle, il était au cœur de la cité, disposé là, au milieu de la ville, tout à côté de l’église ; et, à vrai dire, on ne lui attachait aucune valeur solennelle. Sauf pour quelques individus, le sort commun des cadavres était tout simplement d’être jeté au charnier sans respect pour la dépouille individuelle. Or, d’une façon très curieuse, au moment même où notre civilisation est devenue athée, ou, du moins, plus athée, c’est-à-dire à la fin du XVIII· siècle, on s’est mis à individualiser les squelettes. Chacun a eu droit à sa petite boîte et à sa petite décomposition personnelles. D’un autre côté, tous ces squelettes, toutes ces petites boîtes, tous ces cercueils, toutes ces tombes, tous ces cimetières ont été mis à part ; on les a mis hors de la ville, à la limite de la cité, comme si c’était en même temps un centre et un lieu d’infection et, en quelque sorte, de contagion de la mort.”
FOUCAULT, Michel Les Hétérotopies, France-Culture, 7 décembre 1966.

DCIM101GOPRO

San Michele, Venezia

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